Arvida, une cité moderne

Vue aérienne d’Arvida vers 1945. Photo Fairchild
Vue aérienne d’Arvida vers 1945. Photo : Fairchild

Au cours de son histoire, la région du Saguenay―Lac-Saint-Jean a été témoin de la création d’une dizaine de villes industrielles. Érigées en quelques années sur ce qui était autrefois un champ agricole, elles sont le résultat concerté d’ingénieurs et d’architectes demeurant souvent à des milliers de kilomètres de l’endroit. Étudiant sur papiers toutes les composantes de la future ville, ils sont les concepteurs des usines et les penseurs du confort de la population.  Propriétaire de la ville, la compagnie dirige la propriété foncière, organise les services publics, structure les loisirs, s’implique activement dans la politique municipale et loue les maisons aux employés. Elle fait même l’entretien des résidences et des terrains dont elle est propriétaire en plus de veiller à l’aménagement paysager pendant l’été.

Fondée en 1925 par l’Aluminium Company of America, Arvida demeure l’un des exemples les plus intéressants du phénomène des villes de compagnie au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Attirée par l’immense potentiel hydroélectrique de la région, la ville qui tourne autour d’une industrie unique, celle de l’aluminium, est nommée en l’honneur de son fondateur, ARthur VIning DAvis (1867-1962), président d’Alcoa à l’époque. Elle est l’œuvre de l’architecte new-yorkais Harry Beardslee Brainerd. Très influencé par les théories urbaines des années 1920, il intègre au plan de la future ville un centre-ville monumental, de nombreux espaces verts et l’incurvation des rues des secteurs résidentiels pour ralentir la circulation automobile.

Installation des maisons d’Arvida sur des fondations. Coll. de la SHS
Image promotionnelle de la compagnie Alcan en 1953. Rapport annuel d’Alcan

À l’époque, les travaux de construction des usines et de la ville représentent un défi de taille. C’est l’Arvida Works, une filiale de l’Alcoa, qui se charge de la construction de la future cité industrielle. La première phase des travaux, soit la réalisation des 270 premières résidences, se déroule en seulement 135 jours. Le travail est colossal, surtout que les dessinateurs de la compagnie ont élaboré les plans de 35 types différents de maisons pour le premier quartier.

Du côté de la production de l’aluminium, les travaux amorcés au cours de l’été de 1925 s’accélèrent, et l’année suivante, soit un an et trois jours après l’apparition des premières tentes, les cuves fournissent le premier aluminium fondu produit dans les usines d’Arvida (27 juillet 1926). En 1928, la construction du quartier et de l’usine est complétée; débute alors les aménagements hydroélectriques des rivières Saguenay et Shipshaw.

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, la compagnie modernise ses installations (cuves Söderberg). Perle industriel des pays alliés, elle prospère grâce à l’économie de guerre. De 1933 à 1943, la population arvidienne passe de 1 638 à 12 280 habitants. En 1945, à la fin du conflit, la compagnie est maintenant une multinationale mondiale. C’est pour montrer cette position privilégiée qu’elle décide de construire à Arvida un pont entièrement en aluminium, ouvrage technique peu commun pour l’époque (1948-1950).

Image promotionnelle de la compagnie Alcan en 1953. Rapport annuel d’Alcan.
Image promotionnelle de la compagnie Alcan en 1953. Rapport annuel d’Alcan.

La ville d’Arvida est également un fer de lance régionale pour les sports, les loisirs, la culture, les arts, l’architecture, etc. Elle organise par le biais de comité social et la mise en place d’infrastructures, la vie sociale et communautaire de sa population. Selon l’âge ou l’intérêt, il est possible de jouer au golf, au curling, au hockey, au tennis ainsi qu’à une multitude d’autres sports. De plus, il peut être intéressant d’aller à la bibliothèque publique ou au théâtre, de participer à un symposium d’art, d’assister à un concert ou de jouer au bridge.

En savoir davantage sur le processus en vue de devenir le 13e site patrimonial déclaré au Québec  : http://bit.ly/2g0lE3D

Arvida 1 Le pont d’aluminium dans les années 1950. (Coll. privée)

Arvida 2 La Cité d’Arvida dans les années 1940. (Coll. privée)

Culture et patrimoine Histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean Non classé

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