L’art de la cueillette de bleuets

Bleuet-MaryseLamontagne

Cueillir le bleuet est un art. L’art de Dame Nature. Les meilleures conditions météo doivent être réunies afin que des milliers de bleuets couvrent les champs rougeâtres à l’été. Depuis quelques dizaines d’années, Gisèle fait partie de ceux qui maîtrisent l’art de la cueillette de bleuets. Grâce à son témoignage, je plonge quelques instants dans son univers qu’est la cueillette de bleuets dans le secteur nord du Lac-Saint-Jean.

La cueillette dans une bleuetière coopérative

La coopérative dont fait partie Gisèle existe depuis plus de 50 ans. Cette bleuetière sauvage fut défrichée et ensuite organisée en coopérative afin qu’un grand nombre de gens en tire avantage. Chaque matin, les 60 membres se rendent très tôt au champ pour cueillir les bleuets selon le nombre de boîtes qu’il leur est fourni. Ils se présentent alors à l’entrée de la bleuetière puis, selon l’avancement de leur cueillette, une nouvelle parcelle de champ leur est attitrée au sort ou bien, ils continuent avec celle qu’ils ont déjà débutée. Une parcelle plus remplie de bleuets est plus longue à cueillir qu’une qui est moins garnie. « Lorsqu’on a terminé notre parcelle, le surveillant de la bleuetière vient vérifier s’il reste des bleuets. Il ne doit pas en rester du tout! » souligne Gisèle.  Une fois leurs boîtes remplies à craquer, tous les membres les rassemblent dans un entrepôt et un camion vient les chercher pour les apporter à l’usine de congélation.

Fidèle membre depuis 25 ans, Gisèle a eu le privilège de vivre de grands changements. D’une cueillette effectuée à la main jusqu’à l’arrivée du tracteur spécialement conçu pour cela, elle s’est adaptée à ces nouvelles façons de faire. « Au début, c’était avec ce qu’on appelle un peigne et ça prenait trois fois plus de temps qu’aujourd’hui. Ensuite, j’ai connu la machine à deux roues qu’on poussait en marchant et en 2016, on utilise le tracteur ». Évidemment, avec ces améliorations elle a rapidement remarqué que le rendement est amélioré et que la cueillette est plus rapide.

Selon Gisèle, un des grands défis avec lequel elle doit composer est la météo, car cela influence l’efficacité de la cueillette. L’objectif est de ne pas laisser de petits fruits bleus dans la parcelle de terrain qui leur est attribuée, et ce, malgré une grosse averse. Les champs doivent être récoltés au maximum. (Les bleuets sont tellement bons qu’on ne voudrait pas en laisser un seul en oubli!) Comme la récolte de bleuets doit avoir lieu dans un délai de quelques semaines, la cueillette en coopérative est très bien organisée et son fonctionnement est rigoureux : « on doit suivre une réglementation pour s’assurer d’une cueillette efficace, cela ne doit pas être fait n’importe comment et n’importe où dans le champ ». Un conseil d’administration s’assure de mettre en place cette réglementation.

Les bons moments qui y sont créés

En terminant, j’ai senti tout le bonheur qu’éprouve Gisèle à se présenter matin après matin à la bleuetière lorsqu’elle me parlait de son plaisir à se retrouver en pleine nature. « En plus du bien-être que j’ai d’être dehors au petit matin, la cueillette c’est libérateur. Pour moi, c’est presque une religion! » Elle aime aussi retrouver les autres membres pour discuter de tout et de rien… et de bleuets, car chaque matin de la période de cueillette, ils se rassemblent à l’entrée de la bleuetière quelques instants, le temps d’attribuer les parcelles. Des liens se sont donc créés après tous ces matins, toutes ces années. Je sais également que c’est un véritable plaisir pour Gisèle de partager son monde bleu avec sa famille et ses petits-enfants. Bien sûr, les petits en mangent plus qu’ils en cueillent mais comment ne pas résister?

Bleuetiere-Gisele

 

Je remercie Gisèle pour son précieux témoignage qui m’a permis de faire une incursion dans l’univers de la cueillette de bleuets en coopérative. Elle a eu la gentillesse de nous fournir une photo d’elle à l’œuvre.

Culture et patrimoine Histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean Nature et plein air Saveurs régionales

Laisser un commentaire