Une histoire de pêche…

Il n'y a pas d'âge pour aimer la pêche...

 

La pêche est-elle bonne dans le lac Saint-Jean cette saison ? Les spécialistes prévoient un creux de vague non inquiétant en ce qui concerne la ouananiche alors que la situation est au meilleur pour ce qui est du doré jaune. Ce qui risque de donner une bonne saison au total.

Ce qu’on appelle maintenant « l’activité pêche » rapporte de 10 à 12 millions de dollars annuellement seulement au lac Saint-Jean. Il s’agit donc d’une activité doublement importante puisque, dès le départ, c’est la pêche qui a fait naître le tourisme dans la région.

Dès la fin du 19e siècle, la qualité de pêche ahurissante sur le Piékouagami était déjà bien connue des sporstmen, ces bourgeois anglophones qui amenaient leur famille dans Charlevoix ou à Tadoussac durant l’été et qui se poussaient aussitôt pour aller pêcher avec leurs copains fortunés. Se rendre au Lac-Saint-Jean était cependant toute une aventure avant l’arrivée du train à Chambord, en 1887. Le luxueux Hôtel Beemer les accueillaient alors pour vivre l’âge d’or de la pêche à la ouananiche.

Comprendre le problème

Ici comme ailleurs, on a toujours cru la ressource inépuisable et on pêché sans limite jusqu’à ce que, dans les années 1980, les prises se fassent de plus en plus rares. La surpêche a tout de suite été pointée du doigt mais les scientifiques ont mis le nez là-dedans et ont fini par démontrer que ce n’était pas le principal pro

blème. Mais il a fallu du temps. D’autant qu’on a commis des erreurs qui ont été longues à réparer. C’est qu’au départ, on y est allé avec une logique qui semblait évidente mais qui s’est avérée simpliste et dangereuse. On s’est dit : « S’il n’y a plus de ouananiches dans le lac Saint-Jean, on va en rajouter puis la situation va se rétablir ! » Très mauvaise idée ! On a ensemencé 1,7 millions de ouananiches. Qu’est-ce qui est arrivé ? Des années de recherches réalisées par la Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées de l’UQAC, sous la direction du professeur Pascal Sirois, ont d’abord révélé que la ouananiche se nourrit presqu’exclusivement d’éperlans. Le grand nombre de ouananiches a tout simplement conduit à la disparition de sa nourriture. Plus de bouffe… Plus de ouananiche. Et on ne fait qu’aggraver le problème en ensemençant. C’est donc à l’éperlan qu’il faut s’intéresser… À la proie plutôt qu’au prédateur.

Ça mord !

 

Retour en force

« Il s’agissait vraiment d’un changement de paradigme total, » aux yeux du directeur-général de la Corporation LACtivité Pêche Lac-Saint-Jean (CLAP), Marc Archer, qui gère la pêche sur le lac Saint-Jean depuis 1996. L’organisme s’est d’ailleurs investi dans la recherche scientifique dès le début et on en est venu à interdire la pêche en 2003. On a permis au poisson fourrage de se remettre et la ouananiche est finalement revenue en super forme au grand étonnement et au bonheur de tous les pêcheurs. Une petite armée de chercheurs de l’UQAC continue à accroître les connaissances sur l’éperlan, à le localiser dans le grand lac, à comprendre sa reproduction et à prendre des mesures pour le protéger. On va même aménager une première frayère à l’hiver 2016. On a aussi appris que plus la population de ouananiches augmente, plus il faut en prélever pour maintenir l’équilibre. C’est simple ! On sait également que l’abondance de ouananiche est un phénomène cyclique et naturel qui alterne avec des creux qui n’ont rien de dramatique quand on comprend ce qui se passe. Et c’est ce qui se passe cette année. Il y aura des prises, mais moins.

Le lac Saint-Jean est le meilleur lac à doré au Québec.

 

La situation du doré

Quant au doré, c’est bien simple, il y en a tellement que le lac Saint-Jean se classe au premier rang de tous les principaux lacs à doré au Québec. On a augmenté la limite de prise quotidienne par personne à 10 (la plus élevée au Québec) et on permet à toute la famille de pêcher avec un seul permis. Désormais, l’autorisation de pêcher familiale – annuelle ou journalière – est valide pour le titulaire de l’autorisation, sa conjointe ou son conjoint, tout enfant de 14 a 17 ans et tout étudiant de 18 a 24 ans détenant une carte d’étudiant.

Droit de pêche

Il faut d’ailleurs savoir que, pour pêcher au lac Saint-Jean, il faut se procurer une autorisation individuelle ou familiale, quotidienne ou saisonnière, qui s’ajoute au permis de pêche obligatoire. Ce « permis local » est dispensé par le CLAP et disponible partout où l’on vend des permis québécois. Les fonds recueillis servent en bonne partie à poursuivre les recherches et à assurer la pérennité de même que la qualité de la pêche au lac Saint-Jean. C’est un petit effort supplémentaire demandé aux pêcheurs mais devant des résultats aussi probants, on n’entend pas vraiment de chialage. Ce qu’on entend plutôt, ce sont des exclamations qui viennent des chaloupes : « Ça mord ! »

Toute l’information sur les droits de pêche, la réglementation et les recherches scientifiques est disponible dans la brochure gratuite du CLAP : « La pêche sportive dans l’AFC du lac Saint-Jean » et sur son site web. Bonne pêche !

La science fait le bonheur des pêcheurs de ouananiches du lac Saint-Jean.
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