Une route qui en met plein les yeux : la 175

Une route beaucoup plus sécuritaire.

La construction d’une route à voie divisée entre Québec et Saguenay est l’un des projets d’infrastructure qui a fait le plus couler d’encre au Québec depuis la dernière décennie. Maintenant qu’elle est terminée (inauguration 22 septembre 2013), on découvrira une autoroute exceptionnelle dans un environnement spectaculaire. La fameuse « route du Parc des Laurentides » devient un attrait touristique en soi pour tous les automobilistes qui l’empruntent.

Le boulevard Antonio-Talbot

Impressionnante entrée en matière au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la route 175, initialement inaugurée en 1948, plonge les voyageurs dans l’univers sauvage et montagneux de la réserve faunique des Laurentides, le plus ancien territoire protégé au Québec (1895). De la Capitale National jusqu’au Royaume du Saguenay, deux-cents kilomètres d’épinettes, de lacs, de vallées et de sommets encadrent le boulevard Antonio-Talbot qui, malgré son paysage éblouissant, a toujours eu fort mauvaise réputation. Son surnom, « la route de la mort », en dit long sur ce qui a longtemps été un chemin sinueux et escarpé où les orignaux, le climat rigoureux, l’hiver sans fin, le transport lourd, l’isolement, les suicides routiers et le manque de surveillance, ont fait que la traversée était considérée à juste titre comme une aventure périlleuse.
On ne compte plus le nombre d’années de pression populaire et l’incroyable liste de promesses électorales qu’il aura fallu avant que la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean l’obtienne « son autoroute ».

Accès Bleuet passe à l’action

À la fin des années 1980, des milliers de citoyens de la région se sont mobilisés, sous l’égide du mouvement Accès Bleuet, afin d’exiger que le gouvernement du Québec s’engage à réaliser une route sécuritaire et adéquate pour la population. Dans un premier temps, ils ont travaillé à sensibiliser la région à la cause : signature d’une pétition de 100 000 noms, conférences, rencontres avec les organismes et résolutions des conseils de ville, commissions scolaires, l’appui du Diocèse, des AFEAS, des Chambres de commerce ainsi que de l’Association touristique régionale, des députés, des MRC, CRCD… Nommez-les ! On a entendu parler d’Accès Bleuet avec l’érection de barrages routiers pacifiques afin d’amasser des fonds en vendant des cartes de membres à 2 $. Accès Bleuet a aussi réussi à obtenir la reconnaissance de la route 175 au titre de « route nationale canadienne » ce qui la rendait éligible aux subventions fédérales. Mais rien n’y faisait. Rien ne bougeait.

Officiellement inaugurée le 22 septembre 2013.
Officiellement inaugurée le 22 septembre 2013.

Un chantier colossal

Le premier engagement officiel des gouvernements du Québec et du Canada en vue de l’élargissement à quatre voies de l’axe routier 73/175 est survenu en août 2002. Il a été suivi d’un accord sur le financement du projet en mai 2004. En novembre 2007, les gouvernements signent l’entente de contribution Canada-Québec pour la phase 1 du projet. Puis, en septembre 2008, le gouvernement du Canada conclut une entente-cadre avec le gouvernement du Québec afin de confirmer son intention de compléter le financement de la phase 2.
Le réaménagement de la route 175 est considéré comme la plus importante réalisation d’ingénierie civile des dernières années et un projet vert révolutionnaire, véritable modèle de respect de l’environnement sous maints aspects. Comme cet ouvrage colossal se réalise au cœur d’une réserve faunique et aquatique très fragile, il devait endosser des caractères de développement durable qui ont nécessité le recours à des technologies d’avant-garde.
On peut enfin maintenant affirmer que les voyageurs vont pleinement profiter de ce qui sera sans nul doute considéré comme la plus belle autoroute du Québec. Avec la couverture cellulaire d’un bout à l’autre et des services récemment réaménagés après l’incendie de l’Étape, les conducteurs peuvent s’y sentir en sécurité et jouir du plaisir nouveau qu’on découvre à traverser la réserve faunique des Laurentides.

Une ancienne section est devenue une halte sur le lac Jacques-Cartier.
Une suite de panoramas grandioses.
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