Du coeur à l’ouvrage… Le nouveau spectacle de Val-Jalbert

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J’ai assisté aujourd’hui au nouveau « spectacle immersif » présenté au Village historique de Val-Jalbert.
Je me suis d’abord demandé ce qu’est un « spectacle immersif » et j’ai trouvé maintes définitions extrêmement techniques puisqu’elles proviennent, entre autres, du monde de l’architecture ou de l’univers de la haute technologie. Deux éléments indissociables de ce genre présentation. Puis, j’ai bien constaté qu’on peut définir plus simplement la chose en parlant d’un spectacle au milieu duquel le spectateur est totalement immergé. Les images et le son viennent de partout, tout autour, au-dessus ou au centre de l’espace. À cela s’ajoutent quelques effets (bruine, neige ou personnages et flammes en hologramme).
Le grand moulin de Val-Jalbert disposait d’une salle parfaite pour ce genre de performance, bien que son aménagement ait nécessité un travail colossal. Il s’agit de la salle des défibreurs, là même où les ouvriers mettaient les billes de bois dans les moulins qui les broyaient. Un endroit chargé d’histoire, qu’on imagine incroyablement bruyant et actif aux belles heures de l’usine. Les spectateurs sont donc, dans tous les sens, au cœur de l’action.
« Du cœur à l’ouvrage… L’épopée de Val-Jalbert » raconte donc en 25 minutes l’histoire de ce village industriel du début du XXe siècle, devenu village fantôme. Il la relate simplement, chronologiquement, documents à l’appui, avec des pointes d’humour, une approche essentiellement humaine qui tient quand même compte du contexte économique et technologique de l’époque. La recherche historique est impeccable. Le talent des comédiens régionaux est remarquable. Plusieurs proviennent de la Troupe de théâtre Mic Mac de Roberval, qui existe depuis plus de 40 ans, et du personnel d’animation du site.
Quant au nerf de la guerre, la technologie, elle exploite magnifiquement le site. Je n’ai pas pu m’empêcher de comparer l’approche visuelle au traitement du « Moulin à images » de Québec quant au rythme soutenu, à la trame sonore, aux scènes qui se construisent et se déconstruisent. Les comédiens, qui interviennent dans le cadre des fenêtres, font la différence et ajoutent la touche Bleuet au scénario. La présentation compte également quelques temps forts et climax où les images et le son s’emportent littéralement. Le feu de l’église, un plongeon sous la chute ou une percée rythmique puissante durant laquelle les personnages apparaissent par holographie. Les spectateurs son visiblement pris au jeu et eux-mêmes impliqués dans le feu roulant de l’action en se déplaçant continuellement afin de répondre aux stimuli qui viennent de partout. On peut donc conclure à une belle réussite ainsi qu’à un alliage efficace du théâtre et de la technologie. Le mérite revient à la firme Idées au cube (ID3) qui a réussi cet exploit. Elle disposait d’un budget de 845 000 $ pour ce faire. Un quasi-million qui s’ajoute à 18 autres millions de dollars qui ont été investis depuis 4 ans dans un gigantesque lifting du site de Val-Jalbert. Une transformation extraordinaire qui a définitivement hissé Village historique de Val-Jalbert au rang des plus grandes attractions touristiques au Québec. Même les fantômes ne s’y reconnaissent plus. Mais je crois qu’ils doivent être heureux de voir leur village revivre de la sorte et perpétuer leur souvenir.

Le spectacle immersif occupe tout l'espace disponible.
La première de "Du coeur à l'ouvrage... L'épopée de Val-Jalbert."
Culture et patrimoine

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