Jour 2 | «Saguenay Lac-Saint-Jean en 7 jours…»

« La journaliste et blogueuse Isabelle Chagnon, spécialiste en voyage, est de passage au Saguenay-Lac-Saint-Jean en compagnie de sa fille et de Micky son véhicule récréatif. Pendant sept jours, il vont parcourir le pays des Géants.  Suivez leur itinéraire et voyez comme il est facile de passer du bon temps au Saguenay-Lac-Saint-Jean.»

__

Jour 2 – Nous avons quitté ce matin L’Ermitage Saint-Antoine et Lac-Bouchette et quelque 60 km plus loin, nous arrivions à Saint-Félicien, en bordure du Lac, plus précisément au Zoo de Saint-Félicien.

À notre programme pour les 26 prochaines heures : Aventure au Pays des caribous!

Le concept est très alléchant : on quitte la civilisation pour vivre au rythme des animaux sauvages d’Amérique du Nord… et faire dodo en compagnie des caribous des bois!

Rencontre avec Marguerite et Alice! Crédit - Isabelle Chagnon

Ce matin, Gabriel nous attendait. Pour les 26 prochaines heures, il sera notre guide, accompagnateur, chauffeur, interprète animalier, goûteur d’herbes en tous genres, allumeur de feu, chef randonneur, scout, cuisinier, serveur, réveil matin…

–        « Bienvenue au Zoo de Saint-Félicien. Nous concentrerons notre séjour dans le parc des sentiers en nature du zoo, » nous explique Gabriel.

Nous montons à bord d’un mini bus et débutons la tournée du parc. Les orignaux nous font des clins d’œil, les bœufs musqués balayent les herbes avec leur jupette de poils, les cerfs de Virginie jouent à cache-cache, les bernaches font leur toilette, les wapitis discutent au sujet des plus belles femelles à séduire et les ours nous reniflent de loin. Nous parcourons le parc à vitesse très petit V et Gabriel n’hésite pas à arrêter le mini bus pour qu’on puisse admirer et tirer le portrait des créatures animales.

Une heure s’écoule et nous arrivons à une ferme d’antan.

–        « Ben l’bonjour la belle trolée! J’m’appelle Marguerite pis ma sœur icitte s’appelle Alice. On vous a concocté un p’tit quelque chose à manger! »

Vêtues de jupes longues et d’un magnifique sourire, Marguerite et Alice nous ouvrent la porte de leur demeure : une maison d’antan typique de la campagne québécoise. Pot d’eau à l’entrée pour se laver les mains, pompe à eau au lavabo de la cuisine, lattes de bois mur à mur, lampes à l’huile, crucifix qui coiffe la porte d’entrée…

–        « Et vous avez vu les rideaux? C’é moé qui les a faits. Sont-tu pas beaux, hein! » lance fièrement Alice.

Nos hôtes féminines tout droit sorties des pages d’histoire du Québec nous offrent soupe aux gourganes, pain de campagne frais et beurre, porc qui a mijoté depuis l’aurore et tarte aux bleuets. Elles défilent leurs douceurs savoureuses, leur accent succulent, l’âme d’antan et scrutent bizarrement notre accoutrement constitué de velcro, Gore-Tex et drôles de machines à faire des portraits…

Le Pays des caribous au Zoo de St-Félicien. Crédit : Isabelle Chagnon

Puis, durant notre repas, il se produira quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant ma fille et moi : un ours noir dandinera sa silhouette juste devant la porte-moustiquaire de la maison de Marguerite! Notre aventure au zoo, c’est du direct, et 100 % proximité!

L’après-midi nous fera découvrir tout le parc et sur le coup de 17 h, ce sera balade en canot. Les visiteurs d’un jour ont quitté, et les pensionnaires à poils et à plumes sont maintenant tous à nous…

Gabriel nous conduit ensuite dans une zone de 2 km carrés délimitée par des barrières.

–        « Bienvenue au Pays des caribous! »

Nous stationnons le mini bus et marchons en forêt boréale vers un campement : une dizaine de tentes de prospecteur, un gazebo, une bécosse en retrait, des buches autour d’un foyer…

C’est ici que nous prendrons notre repas du soir et que nous passerons la nuit.

Gabriel allume le feu et sort les victuailles. Il attend qu’un lit bien épais de braise se soit constitué pour y déposer au-dessus ce qui constituera notre repas : pommes de terre, légumes, truite…

Nous sirotions l’apéro (bière aux bleuets pour moi, jus de pomme pour Taïna) quand tout-à-coup, une créature aussi élégante que sublimement coiffée de bois recouverts de velours se pointe : une femelle caribou des bois! Elle se faufile entre nous et repère la butte de sable près du gazebo. Elle nous regarde, se gratouille l’épaule puis s’étend sur le sable.

–        « Est-ce qu’elle a un nom? » je demande à Gabriel.

–        « Oui, mais nous préférons utiliser les appellations d’animaux plutôt que les petits noms sympathiques que nous leur donnons pour que les enfants assimilent davantage les noms d’espèce » m’explique Gabriel.

Ma fille confirme qu’un caribou est un caribou alors nous décidons de baptiser la femelle qui vient d’arriver.

–        « Et si on l’appelait Ginette? »

–        « D’accord! »

Durant tout le repas et toute la soirée, Ginette resta étendue à nos côtés. L’envie y était mais nous avons évité de la caresser.

–        « Tout comme les six autres caribous du site où on se trouve, cette femelle est née ici et a été nourrit au biberon. Elle ne craint pas les humains mais effectivement, il est préférable de garder ses distances » explique Gabriel.

Ce soir, nous n’avons pas encore eu le privilège de rencontrer les copines et le copain de Ginette. Celle-ci ferme maintenant les yeux et l’heure du dodo a sonné.

Ma fille et moi avons intégré notre tente de prospecteur. Gabriel y avait déjà allumé la lampe à l’huile et l’odeur du tapis de branches de sapin, sous nos sacs de couchage, nous chatouille les narines.

– « Bonne nuit Ginette! » a lancé Taïna avant de fermer les yeux et se blottir dans les bras de Morphée…

Aventures terrestres Gastronomie régionale Hébergements Nature et plein air

Un commentaire Ajoutez le votre

  1. Sublime lecture, je vous en remercie !!!

Laisser un commentaire