Fou d’horticulture

 

Brian Scullion n’est pas juste passionné d’horticulture et il est bien plus qu’un connaisseur. En réalité, il n’est pas malade d’horticulture… Il en est fou ! Possédé ! C’est un cas ! Et si vous vous l’approchez, prenez bien garde parce qu’il est contagieux !

Il y a 25 ans, Brian Scullion faisait l’acquisition d’une terre abandonnée, dans un rang de L’Ascension-de-Notre-Seigneur, au Lac-Saint-Jean. Puis il y a planté quelques arbres, puis quelques centaines, et quelques milliers, jusqu’à plus de 12 000 maintenant. Au point qu’il n’est plus capable de voir un espace vide sans y planter un arbre. Incapable de voir un arbre sans avoir le goût de le tailler ou de lui trouver de la compagnie.

Brian Scullion et sa conjointe Josée sont d’abord des horticulteurs professionnels dont l’entreprise, à première vue, semble assez bien fonctionner. Ce qui leur a permis de concrétiser progressivement un rêve qui pouvait sembler irrationnel au départ et qui a pris des proportions incroyables. Celui d’aménager un splendide parc botanique privé, de l’ouvrir au grand public et d’en faire un attrait touristique incontournable auquel se greffent mille et un points d’intérêt. Et l’autre aspect fascinant de ce projet réside dans le fait que Brian Scullion ait fait de son jardin un véritable laboratoire où il teste la rusticité et la capacité d’adaptation ou de résistance d’une multitude de plantes et d’arbres à notre climat régional.

Pour constater à quel point l’homme est sous l’emprise de sa passion, il faut avoir le privilège de se promener en sa compagnie sur les sentiers du jardin. C’est là qu’il raconte ses démarches partout dans le monde pour repérer les variétés horticoles les plus nouvelles, les plus colorées, les plus rares. Il présente avec fierté ce petit conifère dont il a trouvé trois exemplaires aux États-Unis. Deux ont été acquis par des collectionneurs (parce qu’il existe des collectionneurs de conifères) et l’un trône dans le jardin. Où ce grand érable d’une variété qu’il a lui-même créée et qu’il taille avec une grue. Des hostas par centaines, des iris aux couleurs les plus subtiles, des arbres qui rampent au lieu de se dresser, des fleurs qui éclatent de partout, des parterres éblouissants qui comptent près d’une centaine de nouveaux cultivars chaque année… Oui, nous ne sommes qu’à la fin d’un printemps pourri et la végétation tarde à s’exprimer mais attendez encore quelques semaines et le spectacle sera extraordinaire.

Et le reste…

Comme si ce n’était pas suffisant, le Jardin Scullion propose aussi une petite ferme charmante où tous les animaux se laissent caresser ainsi qu’un spectacle équestre du 30 juillet au 8 août. Plus de deux kilomètres de sentiers aménagés nous présentent la forêt mixte, la tourbière, les milieux humides et un impressionnant barrage de castor. Des lieux de repos, de contemplation ou de pique-nique sont dispersés partout sur le site.

Et, il ne faut surtout pas passer sous silence le magnifique bâtiment d’accueil du Jardin Scullion qui traduit une autre dimension de l’extravagance de ses propriétaires. La structure de ce bâtiment de bois à l’architecture flamboyante tient sur une trentaine d’anciennes sections d’estacades qui ont flotté durant 60 ans. D’immenses pièces de sapins de Douglas de 40 pieds de longueur que Brian Scullion a intégré à l’ouvrage. Dans un chaleureux décor de bois et de pierre prennent place le restaurant et la scène qui se prêtent à maints usages dont celui des soupers romantiques offerts alors que le jardin s’illumine tous les jeudis et vendredis soirs de juillet et août, et que les convives peuvent s’y balader en découvrant d’un autre œil les beautés du jardin. À l’intérieur de la même bâtisse, au second étage, on découvre aussi la superbe fresque peinte par quatre artistes de grand talent, sur le thème de la biodiversité du Saguenay-Lac-Saint-Jean. J’avoue avoir été très impressionné par sa qualité, son réalisme empreint de romanesque, par sa dimension (100 mètres de longueur) entièrement réalisé avec des vieux fonds de peinture récupérés. Pas étonnant de la part de jardiniers qui n’utilisent ni engrais ni pesticide, font leur propre composts et récupèrent l’eau de pluie.

Un détail en terminant, le Jardin Scullion accueille ses visiteurs en trois langues (français, anglais, espagnol) et tous les panneaux d’interprétation et d’orientation sont trilingues. Un modèle que devrait suivre toute l’industrie…

Le cas de Péribonka

Avant de me rendre à L’Ascension, je me suis arrêté à Péribonka, à l’invitation du Cosep, un organisme qui a pris en main le développement touristique de la municipalité. Il était temps puisque Péribonka, depuis quelques années, était devenue une sorte de trou noir sur la Véloroute des Bleuets et sur le circuit touristique du lac. Heureusement, cette époque est révolue semble-t-il. D’ici peu, on y ouvrira un nouveau bistro, le Bistr’eau Péribonka et on offrira 32 nouveaux sites au camping en plus d’une belle piscine et de jeux d’eau. La marina s’active et la navette entre Pointe-Taillon et Péribonka reprendra bientôt. Super !

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