Blogue officiel Tourisme Saguenay-Lac-St-Jean

BlogueLe Saguenay-Lac-Saint-Jean est une région vaste qui dispose d’une offre touristique très variée. Afin de vous aider à planifier vos vacances, l’équipe du blogue des Géants cherchera à vous informer sur les toutes dernières nouveautés, nos bonnes adresses et sur les personnes qui feront de votre prochain séjour chez-nous un succès. Sans compter que vous en apprendrez sur le milieu touristique, son fonctionnement et ses secrets. Une mine d’information provenant d’une équipe d’expérience, voilà ce que nous avons à offrir.

Projet Fjord – Destrier

Le Festival Regard arrive à grands pas et avec lui, le dévoilement des courts-métrages du Projet Fjord. Oui, oui, ce projet dont on vous parle depuis quelques semaines et qui nous intéresse beaucoup de par son aspect humain et artistique ainsi que son objectif de mettre en lumière (entre autres) les beautés de notre majestueux fjord.

Cette fois-ci nous vous présentons DESTRIER de Philippe David Gagné, le 3e court-métrage du projet.

Crédit Photo : Mathieu Breton

Crédit Photo : Mathieu Breton

Philippe David Gagné, nommé créateur de l’année au Saguenay-Lac-Saint-Jean par le CALQ, nous plonge dans une fiction hivernale rocambolesque. Dans ce court-métrage, il est question d’honneur, mais aussi d’amour. L’un de ses personnages, joué par l’acteur Guillaume Ouellet, décide d’aller réparer son honneur sur les glaces d’une baie gelée et d’y vivre un duel épique. Le fjord, la glace, le froid, la pêche blanche, la motoneige, c’est toute une histoire racontée à l’intérieur d’un seul plan-séquence de sept minutes.

Comment s’est passée son expérience?

Pourquoi as‐tu choisis de faire ce film?

Philippe David : Pour le défi technique et l’envie de montrer des skidoos l’hiver.

Qu’est‐ce qui est nouveau pour toi en lien avec ta démarche artistique et de ta vision d’auteur?

Philippe David : C’est une autre déclinaison de mon « cycle baieriverain » avec une petit twist absurde. C’est de jouer sur la forme cinématographique et de revisiter un genre, s’amuser avec ses codes, comme BLEU TONNERRE et la comédie musicale. Ici, ce sont les codes du médiéval avec lesquels je me suis amusé. Ça rejoint aussi mon exploration des codes de la masculinité. C’est l’absurde honneur masculin qui, finalement, n’est pas si absurde que ça quand on regarde nos contemporains agir!

Crédit photo : Mathieu Breton

Crédit photo : Mathieu Breton

En quoi la thématique «Fjord et sport» était‐elle inspirante ou contraignante?

Philippe David : Le sport m’est venu assez rapidement : les motoneiges et l’hiver, sur les glaces du fjord. Évidemment, certains diront que la motoneige n’est pas un sport! Et pourtant, on peut être assez courbaturé après une journée de skidoo!

As-tu des anecdotes en lien avec le tournage?

Philippe David : Les amateurs de kitesurf qui aimaient beaucoup se mettre dans nos jambes. Comme on avait une cascade en motoneige, on avait toujours une petite crainte qu’un « kiteux » vienne se tuer dans un de nos skidoos.

Des recommandations?

Philippe David : Plus de répétitions lorsqu’on se lance dans un plan-séquence, l’hiver, avec des motoneiges et une cascade.

Crédit photo : Mathieu Breton

Crédit photo : Mathieu Breton

Des découvertes?

Philippe David : Ça m’étonne toujours à quel point les gens sont sympathiques et ouverts à prêter des choses, comme une cabane, des motoneiges, des habits, du temps, etc. Ce n’est pas une découverte, mais je le redécouvre à chaque tournage que je fais en région.

Qu’aimerais-tu que les gens retiennent de ton film?

Philippe David : Que l’honneur a la vie dure.

Philippe-David Gagné – réalisateur Crédit photo : Mathieu Breton

Philippe-David Gagné – réalisateur
Crédit photo : Mathieu Breton

Bande-annonce

Destrier - bande-annonce

Consultez l’ensemble des photos du tournage ici.


Le film sera présenté le 15 mars prochain à la Soirée régionale du Festival Regard, suivi d’un party de lancement au Sous-Bois à Chicoutimi.

Plus tard cette semaine, portrait du court-métrage du réalisateur Alexandre Ruffin – Terre rompue.

Projet Fjord : bit.ly/ProjetFjord

La Bande Sonimage : bandesonimage.org/

Atalukan : Raconter l’imaginaire Ilnu

Toutes les Premières nations d’Amérique du Nord sont les héritiers d’une tradition orale qui, à travers les âges, a véhiculé la mythologie, les contes et légendes, les coutumes et la culture.

Le festival de contes et légendes Atalukan de Mashteuiatsh, dont se tenait la sixième édition en août, met en valeur ces rituels millénaires de transmission orale. Elle permet aux nombreux conteurs et conteuse de révéler leurs talents à la population et aux visiteurs tout en assurant la pérennité d’un chaînon culturel vital.

Prestation au festival de contes et légendes Atalukan.  C - Patrick Courtois

Prestation au festival de contes et légendes Atalukan.
C – Patrick Courtois

Depuis quelques années, plusieurs communautés autochtones, dont Mashteuiatsh, se sont ouvertes au grand public en accueillant des Pow Wow qui réunissent joueurs de tambours, chanteurs traditionnels de même que danseurs aux costumes merveilleusement colorés et élaborés. C’est là une occasion exceptionnelle pour tous les Québécois curieux de mieux connaître les cultures amérindiennes de diverses provenances de s’y initier avec un événement spectaculaire pour toute la famille.

Un festival de paroles

Un festival de contes et légendes comme Atalukan est assurément moins grandiose mais infiniment plus intimiste et sympathique. Il permet, à la fois, une incursion dans la tradition ancestrale et un clin d’œil à la vie actuelle des membres des Premières Nations. Tout cela, dans l’ambiance totalement décontractée, sans prétention et familiale du camping Plage Robertson situé sur la plus belle plage de Mashteuiatsh.

Comme le rappelait l’ex chef Clifford Moar, qui agissait comme porte-parole de la dernière édition du festival : « Le but premier de l’activité est de faire vivre et de faire connaître les traditions orales des Ilnus. » Une rare occasion pour les Québécois de s’immiscer dans l’univers ilnu par le billet de sa mythologie et de ses contes humoristiques ou fantastiques. Clifford Moar est d’ailleurs devenu conteur lui-même pour l’occasion, reprenant la chaise de son père et de ses ancêtres qui passaient les soirées à raconter les chasses en territoire, les expéditions périlleuses, les rencontres avec les animaux mythiques et les personnages mystérieux.

L’anthropologue et ancien professeur à l’Université de Montréal Rémi Savard définit de façon un peu savante mais intéressante les deux catégories de récits qui composent la tradition orale chez les Innus :

« Les Montagnais distinguent facilement l’atenogen (ou atanukan) de cet autre genre narratif qu’on appelle tobadjimun (ou tipatshimun). Un tobadjimun relate des histoires vécues ou du moins susceptibles de l’avoir été par le conteur, un ami, un grand-père, etc., l’atenogen serait tout autre chose. (…)

Carrefour d'accueil Ilnu

Carrefour d’accueil Ilnu

Les atenogen (ou mythes) seraient donc les paroles des animaux, transmises originellement aux anciens dans le cadre de leur mariage avec les animaux et, depuis lors, au sorcier dans la tente cérémoniale. Un atenogen, nous disait un conteur de La Romaine, c’est ce qu’on doit transmettre afin que les générations futures sachent ce qu’il convient de savoir. (Savard 1977 : 63-67) »

Les mythes mettant en vedette Tshakapesh (l’homme dans la lune – ou celui qui tire une corde derrière lui) et Kuekuatsheu (le carcajou) sont probablement les plus populaires dans la tradition orale innue. Ils ont été perpétués sur l’ensemble du territoire innu et relatent de très nombreux épisodes dans la vie de ces deux personnages.

À surveiller en 2017

Il est vraiment ennuyeux de parler d’un événement qu’on a adoré mais qui est passé ! Toutefois, ce qu’il y a de prometteur, c’est que le festival Atalukan a confirmé son retour à l’été 2017 avant que le rideau ne tombe sur l’édition 2016. Cette dernière a été marquée par un élargissement important de l’auditoire alors que plusieurs présentations ont été délocalisées ailleurs au Lac-Saint-Jean et au Saguenay. Le Festival se déroule principalement au camping Plage Robertson de Mashteuiatsh tout en faisant une tournée du Pekuakami (lac Saint-Jean), en passant par Roberval, Saint-Félicien, Desbiens, Saint-Gédéon et Péribonka et par St-Prime, Alma, Dolbeau et Jonquière.

La dernière affiche comptait des noms remarquables dont, entre autres, la poète et réalisatrice Josephine Bacon, Charles-Api Bellefleur, de la Romaine, Bertrand Bergeron, spécialiste en orature (culture orale) et conteur intarissable, Sylvain Richard qui joue avec l’assistance ainsi que Patrick Courtois, brouteux impénitent.

Les enfants trouvent également plus que leur compte avec des histoires et activités (fabrication d’un capteur de rêve par exemple) qui savent les intéresser.

Préparez-vous tôt pour août 2017 et réservez votre emplacement au Camping Plage Robertson ou surveillez la prochaine programmation afin de profiter de l’ambiance magique qui y règne durant 5 jours. Et, une fois sur place, offrez-vous la visite du Carrefour d’accueil Ilnu, un prolongement naturel du festival ou des aînés captivants racontent la vie d’antan et les techniques traditionnelles.

Sylvain Richard s'amuse avec l'assistance.

Sylvain Richard s’amuse avec l’assistance.

Camping Plage Robertson

Camping Plage Robertson

 

Le grand feu du 19 mai 1870

En 1870, la colonisation de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean est assez récente, elle date de 1838 pour le Saguenay et de 1849 pour le Lac-Saint-Jean. Elle est principalement marquée par l’agriculture et la coupe du bois, qui enclavent alors profondément la structuration de l’économie régionale.

Au milieu du 19e siècle, le Lac-Saint-Jean est au cœur de la propagande « agriculturiste » québécoise avec des slogans tels que « Emparons-nous du sol » ou le « Grenier de la province de Québec ».  Encourageant ainsi une colonisation accélérée des riches terres agricole autour du lac Saint-Jean.

 

À quoi ressemble alors le Saguenay—Lac-Saint-Jean? Composée d’une population homogène, elle compte sur une agriculture de subsistance, qui se fait au rythme des saisons, pour survivre dans « ce pays neuf ». Le colonisateur de l’époque se retrouve majoritairement dans le Bas-Saguenay (Saint-Fulgence, L’Anse-Saint-Jean et Petit-Saguenay) et autour de Grande-Baie et de Chicoutimi (Saint-Alexis, Bagotville, Laterrière, Saint-François-Xavier, Saint-Anne, Saint-Dominique et les cantons Simard et Tremblay). Du côté du Lac-Saint-Jean, la colonisation occupe principalement les terres situées à l’ouest du lac (Hébertville, Saint-Gédéon, Saint-Jérôme, Chambord, Roberval, Saint-Prime et Saint-Félicien).

 

Souvent responsable d’une famille nombreuse, le colonisateur des années 1860 doit également s’adapter aux aléas de son quotidien, particulièrement aux nuées de moustiques et aux nombreuses difficultés pour se nourrir. C’est dans ce contexte pionnier qu’a lieu le grand feu de 1870. Cette année-là, le printemps est hâtif et la sècheresse gagne rapidement une grande partie du territoire. Même les semailles sont faites presque partout!

Feu 1 v3

Gravure publiée dans L’Opinion Publique du 30 juin 1870

Au matin du 19 mai, plusieurs colons constatent qu’une « pluie de soufre » s’est abattue sur le sol. Selon les témoins de l’époque, une odeur de soufre d’allumette monte au nez lorsque l’on marche dessus et recouvre d’une couleur jaune la terre des champs. Est-ce que cette pluie de cendre provient d’un brasier plus au nord du lac Saint-Jean ? Nous n’en savons pas plus! L’histoire officielle nous rapporte que le 19 mai, plusieurs colons font des feux d’abatis, quand le vent se lève et transforme en quelques heures la région en un vaste brasier.

 

Partit le matin de la colonie de la Rivière-à-l’Ours (Saint-Félicien), le feu s’arrête en après-midi dans les environs de la Grande-Baie, ayant épargné « miraculeusement » le village de Chicoutimi. Après l’incendie, le tiers de la population du Lac-Saint-Jean et du Saguenay est réduit à l’indigence. Les pertes sont énormes : sept décès, 555 familles ruinées, 30 ponts détruits, de même que quatre moulins et 28 000 billots, propriété de la compagnie Price. Les dégâts, évalués à plus de 100 000 $, sont considérables et une campagne pour secourir les sinistrés est immédiatement organisée sous la responsabilité du député Pierre-Alexis Tremblay. Difficile à calculer, on estime que 45 000 $ en argent et 80 000 $ en biens ont été acheminés dans la région durant l’été 1870.

 

Le grand feu de 1870, une des plus importantes tragédies de l’histoire du Saguenay—Lac-Saint-Jean, n’a pas seulement eu que des effets négatifs, il demeure l’un des facteurs essentiels pour la colonisation du Lac-Saint-Jean durant les décennies 1870 et 1880. En brûlant des pans entiers de la forêt, il contribue à fertiliser la terre à cultiver tout en accélérant la tâche ingrate du défrichement. De son côté, la production de bleuets va connaître après le feu de 1870, une augmentation importante.

Capture

Le territoire colonisé du Saguenay—Lac-Saint-Jean en 1851

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