Blogue officiel Tourisme Saguenay-Lac-St-Jean

BlogueLe Saguenay-Lac-Saint-Jean est une région vaste qui dispose d’une offre touristique très variée. Afin de vous aider à planifier vos vacances, l’équipe du blogue des Géants cherchera à vous informer sur les toutes dernières nouveautés, nos bonnes adresses et sur les personnes qui feront de votre prochain séjour chez-nous un succès. Sans compter que vous en apprendrez sur le milieu touristique, son fonctionnement et ses secrets. Une mine d’information provenant d’une équipe d’expérience, voilà ce que nous avons à offrir.

Les ponts couverts au Saguenay—Lac-Saint-Jean

Au Québec, le phénomène des ponts couverts est indissociable de l’histoire de l’ouverture  des régions à la colonisation. Ces ouvrages en bois étaient un lieu de passage primordial entre les nombreuses colonies dispersées sur un vaste territoire. Historiquement, le Saguenay—Lac-Saint-Jean a déjà compté plusieurs ponts couverts. Presque disparue aujourd’hui, l’infrastructure demeure toujours un exemple de savoir-faire et d’adaptation à son environnement.

Construit principalement entre le début du 19e siècle et la fin des années 1950, le pont couvert marque de son empreinte le paysage de la campagne québécoise. Dans la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, on recense la construction d’au moins 75 ponts couverts entre 1860 et le début des années 1940. À lui seul, le Lac-Saint-Jean en compte plus d’une soixantaine, dont les célèbres ponts Taché (Alma) et Taillon (Saint-Félicien). Le premier, construit au dessus de la Grande Décharge, représente lors de sa construction en 1894, une véritable prouesse technique (longueur : 189 mètres; démoli en 1947).

PONT TAILLON

Pont Taillon – Saint-Félicien

Le second pont est construit au dessus de la rivière Ashuapmushuan en 1895 (longueur : 219,4 mètres). D’abord nommé Taillon en l’honneur du premier ministre de la province de Québec, il est consumé par les flammes dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1908. L’année suivante, on reconstruit un nouveau pont couvert plus long et désigné Carbonneau en hommage au député provincial du comté Lac-Saint-Jean (longueur : environ 375 mètres; emporté par les glaces en 1942).

Après la Seconde Guerre mondiale, la disparition des ponts couverts est fulgurante (démolition, incendie). L’augmentation de la circulation automobile et la construction de nouveaux ponts avec des matériaux modernes marquent la fin de ce type d’infrastructure. Aujourd’hui, les ponts de bois couverts sont un bien patrimonial très précieux qui doit être conservé à titre exemplaire. Peu nombreux au Québec, la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean en compte quelques-uns.

Pont de Sainte-Jeanne-d'Arc - crédit photo : Alex Laliberté

Pont rouge – Sainte-Jeanne-d’Arc – crédit photo : Alex Laliberté

Le pont Rouge de Sainte-Jeanne-d’Arc qui traverse la rivière Noire a été construit en 1936 (28 mètres). Modèle Town typique, il est l’un des derniers vestiges encore visible d’une époque maintenant révolue. En 1995, menacé de ruine par la pourriture importante des culées de bois et des extrémités des cordes inférieures des fermes, le ministère des Transports consacre 135 000 $ pour sa sauvegarde.

Pont du Faubourg - L'Anse-Saint-Jean

Pont du Faubourg – L’Anse-Saint-Jean

Pont du Faubourg - L'Anse-Saint-Jean

Pont du Faubourg – L’Anse-Saint-Jean

Le pont du Faubourg à L’Anse-Saint-Jean qui traverse la rivière Saint-Jean a été construit en 1929 par Laurent Bouchard (on lui attribue au moins 14 ponts couverts au Saguenay). Figurant sur le revers des billets de banque canadiens de 1 000 dollars émis en 1954, il a été emporté par les glaces de la rivière au printemps de 1986. Peu endommagé, il est réinstallé sur des assises relevées d’un mètre et ouvert à la circulation le 31 décembre 1986.

Pont du Lac Ha! Ha!

Pont du Lac Ha! Ha! – Ferland-Boileau

Pont du Lac Ha! Ha!

Pont du Lac Ha! Ha! – Ferland Boileau

Le pont du Lac Ha! Ha! à Ferland-et-Boilleau qui traverse la rivière du même nom a été construit en 1934. La halte routière dans laquelle se trouve le pont couvert a reçu, en 2010, le prix du patrimoine de la MRC du Fjord-du-Saguenay dans la catégorie « Paysage ».

Pont Louis-Gravel

Pont Louis-Gravel – Sacré Coeur

Le pont Louis-Gravel de Sacré-Cœur qui traverse la rivière Sainte-Marguerite a été construit en 1934.  En 1998, le pont couvert est restauré par le ministère des Transports pour une somme de 267 000 $. Les travaux de réfection sont à peine terminés que le pont s’affaisse par le centre en deux parties. On doit alors tout refaire et installer une pile pour le soutenir.

Finalement, on retrouve également le pont Painchaud à Saint-Félicien qui a été retiré de son emplacement original en 2008 et remisé dans un champ de Saint-Méthode en attendant d’être rénové.

Pour en savoir plus, lire l’ouvrage de Gérald Arbour, Fernand Caron et Jean Lefrançois, Les ponts couverts au Québec (2005).

Un lac, une fée et des fantômes

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La semaine dernière, une petite excursion de deux jours nous a amenés à explorer une partie du Lac Saint-Jean: Desbiens et Val-Jalbert. L’été s’était enfin bien installé (c’était un peu trop long à mon goût cette année) avec le soleil et toute la petite famille était très enthousiaste à l’idée d’aller visiter Parc caverne du Trou de la fée. François, mon petit explorateur, espérait bien y trouver un trésor.

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En partant le matin, j’étais loin de me douter que je manquerais de temps pour tout voir ce merveilleux site. Bien sûr qu’il y a le sentier pour se rendre à la caverne. Une fois sur place, un guide nous aide à y accéder et nous raconte l’histoire du Trou de la Fée. On y fait même le test de la noirceur totale, noir comme dans « tu  ne vois pas ta main en face de toi ».

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Mais le site compte en fait un total de neuf sentiers. Nous en avons fait cinq, ceux qui sont recommandés pour le parcours touristique.

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« La coulée verte » c’est le nom d’un des sentiers qui ressemble à la jungle amazonienne. Je vous le jure, une forêt amazonienne avec sa mousse, ses petites cascades et son vert dense.  J’avais l’impression d’être au Costa Rica. La majorité des sentiers ont conservé  leur côté naturel, nous faisant gambader de rocher en rocher. Beaucoup plus agréable ainsi à mon avis.

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Après notre merveilleuse après-midi, j’étais bien déçu de devoir quitter les lieux. J’aurais aimé avoir le temps de profiter de la tyrolienne et explorer les plus longs sentiers pour randonneurs avertis. Le parcours principal de l’ancien barrage est aussi accessible le soir et tout un système d’éclairage y est installé afin d’admirer la chute en soirée.

Cette journée s’est terminée à un endroit ou vous devez dormir au moins une fois dans votre vie: Le Village Historique de Val-Jalbert. De nature assez rêveuse, je n’ai eu aucun problème à me laisser emporter par les lieux, complètement déconnectée du reste du monde. J’ai été dépaysée! On a l’impression qu’une bulle temporelle nous englobe, nous permettant de vivre le passé comme nulle part ailleurs. Complètement autonome par son hébergement, son restaurant et son transport. Et il y a la chute de jour, mais aussi la chute de nuit, wow! Moi et Marie-Andrée y serions restés des heures et des heures à l’admirer. Une fois de plus, j’ai dû essuyer des larmes en partant. « Mais Maman, jamais je ne reverrai la chute avec toutes ses lumières » Décidément, je manque de temps partout où je vais. Alors, ne soyez pas surpris si je vous dis encore une fois que j’ai manqué de temps pour tout faire à Val-Jalbert. J’aurais repris le petit train mille et une fois juste pour le plaisir de circuler comme bon me semble. Géocaching, ballade guidée en train, village animé, téléphérique, sentier, spectacle immersif, de quoi s’occuper toute une journée.

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« Et puis les enfants, avez-vous vu des fantômes cette nuit? » Le silence s’est installé et ils m’ont regardée, les yeux grands ouverts d’inquiétude, se demandant bien pourquoi je leur demandais ça. Intérieurement, je me félicitais d’avoir omis cette information la veille au soir. Dormir dans un village fantôme, ça peut donner la frousse!

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Hébertville, un village qui a de l’histoire

Municipalite Hebertville Lac Vert plein air vue (c) Christian Ouellet.jpg

Allons visiter un village qui a de l’histoire : Hébertville.

On disait justement au Téléjournal que cette localité qui se présente comme « le berceau du Lac-Saint-Jean » vient d’inaugurer un nouveau Circuit Patrimonial dont le point de départ est cette magnifique église de pierre dont le clocher domine tout le village. On en profitera ensuite pour aller s’acheter quelques bons fromages chez Lehmann.

Quelques mots sur Hébertville d’abord. Pour y venir, il faut vouloir  puisque l’endroit n’est pas vraiment sur le circuit touristique. Et pourtant, les Premières Nations y sont passées durant des millénaires dans leurs pérégrinations annuelles, de même que tous les explorateurs et les coureurs des bois puisque la petite rivière qui traverse son territoire se trouve sur ce qu’on appelle La route des fourrures, soit le chemin d’eau qui reliait le fleuve Saint-Laurent la Baie-d’Hudson. C’est quand même formidable de penser à toutes ces superstars de notre histoire qui sont passés par ici alors que la rivière des Aulnaies se fait toute étroite derrière les maisons.

Et cette rivière des Aulnaies est doublement importante du fait que c’est elle qui a attiré les premiers colonisateurs de la région du Lac-Saint-Jean. Il y a bien de magnifiques terres agricoles dans toute cette vaste plaine au sud du lac et les premiers colonisateurs qui débarquent de Kamouraska à l’endroit qu’ils appellent Chute-des-Aulnaies le savent très bien. Mais le développement s’appuie aussi sur l’industrialisation et la chute donne l’énergie pour faire tourner le moulin à scie et les autres engins modernes.

Nous revoici donc sur la Place de l’Église, aux abords d’un parc aussi verdoyant qu’agréable. Au fil de la promenade qui longe le mur, plusieurs panneaux d’interprétation nous apprennent l’histoire de l’endroit et nous présentent ses principaux acteurs. Au départ, il y a un curé comme c’était souvent la norme. L’abbé Nicolas-Tolentin Hébert arrive au Lac-Saint-Jean en 1849 avec une quarantaine d’hommes pour « faire de la terre » comme on disait à l’époque. On abat les arbres. On trace des chemins. On ouvre des terres. On fonde une colonie. Lorsque la communauté commence à ressembler à quelque chose, elle choisit son premier maire : Calixte Hébert. Pas étonnant que ça se soit appelé Hébertville ! On s’entend toutefois pour dire que ce nom honore Monsieur le Curé Hébert dont on admire la statue et la stature dans le parc. Un fort beau monument d’ailleurs ou on le voit tendre le bras à l’horizon, montrant la voie à suivre au pionnier.

Ce qu’il y a de remarquable à Hébertville, c’est qu’il demeure un riche patrimoine immobilier pour témoigner de ce passé. Hébertville est un beau village avec toute sa verdure, sa configuration étagée, sa rivière, son lac Vert, sa montagne et toutes ces superbes résidences qui ont souvent été superbement préservée.

Le Circuit patrimonial nous conduit d’une belle maison à l’autre devant lesquelles trône un panneau présentant l’histoire du bâtiment. Plus bas, un pied du long escalier au coin du stationnement de l’église, on découvre la fameuse chute des Aulnaies qui n’a rien à voir avec la chute Montmorency mais qui a beaucoup de charme. Un ponceau la traverse avant de poursuivre la balade vers d’autres maisons historiques de la rue Labarre et, sur la rue Turgeon, l’ancien magasin général J.-D. Desbiens qui est un peu délabré aujourd’hui mais qui devait avoir beaucoup de gueule à l’époque. Souhaitons qu’on lui trouve une nouvelle vocation.

Alors, c’est ou Hébertville ?  Si vous entrez au Lac-Saint-Jean par la route 169 (Réserve des Laurentides), il s’agit de la première municipalité qui vous accueille. Il n’y a qu’un tout petit détour à faire. Si vous arrivez du Saguenay, continuez un peu sur la 169 au lieu de tourner vers Roberval à Alma. C’est à quelques kilomètres.

Qu’est qu’on peut faire à Hébertville ? Sur le Circuit patrimonial, on peut normalement visiter l’église avec ses tableaux de Charles Huot et son orgue Casavant. Le presbytère de style monumental anglais en impose également.

hébertville

Hébertville est traversé par le circuit cyclable du Horst de Kénogami faisant partie de la Route Verte qui relie Saguenay à la Véloroute des Bleuets. Les cyclistes en forme aiment également le circuit champêtre et tout en collines qui fait le tour du lac Vert. Le sentier pédestre du Lac Kénogami (45 km) passe aussi dans le coin. En automne, le point de vue sur le lac Saint-Jean à partir du sommet du Mont-Lac-Vert est à couper le souffle.

En finale, Hébertville compte plusieurs gîtes, un camping et une des bonnes auberges de la région, l’Auberge Le Presbytère.

Le bureau d’information touristique situé au presbytère d’Hébertville offre un dépliant sur le Circuit patrimonial et un audioguide ($).

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